DU VENT DANS LES VOILES

C’est un copain d’Arnaud qui nous branche en festival. Assis devant sa truffade, dans le seul restaurant que l’endroit a à offrir, chacun écoute attentivement les histoires d’Hildéric. Il nous parle accro dans le ciel, conditions météorologiques et niveaux d’homologation.

Solène, qui a passé son initiation il y a peu, opine. Elle a commencé le parapente cette année, motivée par les copains. Ils sont plusieurs dans la bande à en faire. J’imagine la notification dominicale : « on va voler cette aprèm ? ». Sympa.

Elle raconte qu’on fait au minimum un grand vol seul pendant l’initiation, relié au moniteur par radio. L’idée de gagner en autonomie en quelques jours de pratique est séduisante. Elle, ne l’a pas tenté, refroidie par l’élève qui la précédait. Après un beau décollage, il n’a pas su s’orienter correctement une fois en l’air. Et impuissant, il a dévié jusqu’à la ville suivante, sans contact radio. Sueur froide. On la comprend.

Mais avec mon frère, on a du temps et jusqu’alors, de l’argent. On se dit que ça pourrait être chouette d’apprendre à voler ensemble et on regarde à l’occasion les stages d’initiation. On est début Aout.

Après avoir fait quelques recherches et hésité sur l’école, on réserve la première semaine de septembre chez Flying Puy de Dôme.

On s’envoie en l’air ?

  1. Découvrir le parapente
  2. Idées reçues vs réalité : démystifier le parapente
  3. Les savoir-faire acquis pendant le stage d’initiation : La magie du vol
  4. Le matériel du parapente : Les clefs du ciel
  5. Pour aller plus loin : explorer de nouveaux horizons

Découvrir le parapente

Le vol en biplace. Pour aborder le sport pour la première fois, rien de tel que le vol en biplace. Toutes les écoles de parapente FFVL (Fédération Française de Vol Libre) en proposent, c’est une idée de cadeau originale et dépaysante. Le prix du billet varie entre 80 et 120 euros en fonction du type de vol choisi. Le site Groupon en propose pour une 60aine d’euros.

L’avantage est de pouvoir tester ses sensations en l’air bien sûr, mais aussi de voir le matériel que requiert la pratique et d’avoir un premier aperçu des grandes étapes d’un vol. Si vous n’avez jamais volé en parapente, que vous soyez intéressé par le stage d’initiation ou non, je ne peux que vous encourager à le faire. Le moniteur équipe son binôme et après un court briefing sur les étapes à respecter pour le décollage, les voilà en l’air. Si les conditions le permettent et si le passager le souhaite, il pourra prendre les commandes pour effectuer un virage par exemple.

Le plané offre une impression d’apesanteur. Le silence, le calme, et la brise sur les joues vous apaisent, créant une atmosphère paisible.

En suivant un stage d’initiation en école : Pour aller plus loin, parfois sans être passé par la case biplace, vient le stage d’initiation. 5 jours de formation école, qui mixent théorie et pratique pour un coût total de 750 euros. Le dossier d’inscription est relativement rapide à monter et le matériel de vol est prêté. Il faut un certificat de non contre-indication à la pratique, un chèque pour la prise de licence FFVL (obligatoire), le chèque pour le club et il est possible au choix de prendre une assurance de 50 euros pour le matériel. A la suite du stage, vous êtes habilités à voler seul.

En se lançant seul : Certains n’ont pas froid aux yeux et se lancent seuls. Après s’être procurés le pack du parapentiste, ils se postent en pente école et suivent des vidéos pour apprendre les bases du gonflage puis du décollage. Découvrir le parapente par ce biais, en particulier avec un ami parapentiste est une solution économe, mais dangereuse, comme en témoigne ce YouTuber.

Idées reçues vs réalité : démystifier le parapente

Le parapente peut sembler mystérieux voire dangereux pour ceux qui ne l’ont jamais pratiqué. Avant de me lancer, j’avais quelques idées reçues en tête. Voici quelques-unes des questions et à priori que l’on peut se poser avant de faire du parapente.

Le vertige : L’une des barrières les plus courantes à la pratique est la peur du vide. Cependant les personnes qui souffrent de vertige lorsqu’elles se trouvent proche d’un précipice n’ont pas cet effet avec le parapente. Cela s’explique par plusieurs éléments. La position assise et la présence de la sellette assurent une assise stable et sécurisée, la vision à 360° permet un contrôle visuel rassurant et la progression qui se fait tout en douceur, à l’opposé d’un saut à l’élastique ou d’un saut en parachute est apaisante.

La peur de l’orientation dans l’air : Comment sait-on où l’on va une fois dans les airs ? Les pilotes de parapente sont formés à analyser les brises et repérer les thermiques pour s’orienter. En complément, certains utilisent des instruments de navigation et des radios. D’autre part, comme pour le code de la route, il existe des règles et des priorités dans les airs.

La qualité du matériel : Sous leur apparente simplicité, les parapentes bénéficient en fait d’une construction complexe aérodynamique et de matériaux techniques performants. Les voiles sont conçues pour résister à des conditions rigoureuses, grâce à la combinaison de matériaux de haute qualité, tels que des tissus en nylon renforcé, des suspentes en acier ou en kevlar et un design soigneusement étudié. Les parapentes sont aussi soumis à des contrôles de sécurité stricts annuels qui incluent l’inspection visuelle et le test de l’état général de la voile, des suspentes et des coutures.

Le parapente c’est un sport à la cool : Il y a quelque chose de poétique à voir ces ailes colorées s’élever silencieusement dans le ciel. Malgré l’illusion de leur flottement, ce sont bien les pilotes qui travaillent à leur trajectoire et stabilité. Le parapentiste est plus qu’un simple passager du vent, il est le capitaine de son propre voyage dans les airs. Au-delà des efforts à fournir en vol, il faut se souvenir que le trajet jusqu’au décollage est lui-même sportif. En effet, en fonction du matériel, le parapentiste transporte avec lui un sac de 8 à 15kg, plus ou moins ergonomique, sur le flan de la colline.

Le parapente c’est un peu comme le parachute : Enfin, il est important de noter que le parapente est différent du parachutisme. Alors que le parachutisme implique des sauts en chute libre suivis d’un déploiement du parachute, le parapente est plus axé sur le vol et la navigation lente dans l’air. Le parachute est une expérience qui ne dure que quelques secondes au mieux quelques minutes. Les sensations sont extrêmes et un niveau d’adrénaline qui explose les compteurs. Au contraire le parapente est une activité ou on décolle tranquillement de la terre ferme et où l’objectif est de rester en l’air le plus longtemps possible.

Une fois démystifiées ces idées reçues, on réalise que c’est en fait une pratique accessible, sécurisée et exaltante, qui vous l’aurez compris, offre des sensations uniques.

Les savoir-faire acquis pendant le stage d’initiation : la magie du vol

Le stage d’initiation mixe des cours pratiques et des cours théoriques qui s’articulent à tour de rôle, en fonction de la météo. S’il fait beau et que les vents sont favorables, on part en sur le terrain en pratique. Sinon, on théorise.

Les Cours Pratiques :

Préparations. Avant de décoller, on apprend à étaler sa voile, à la démêler et à s’installer confortablement dans sa nacelle. On se familiarise avec les suspentes, qui sont les ficelles du parapente et au design de la voile. Où se trouve le devant et l’arrière. On apprend à se déplacer avec la voile jetée sur l’épaule en boule et à la plier dans un sac de portage.

Gonflage en pente école. Peu à peu on essaie de gonfler la voile. La puissance de l’air la remplit et la soulève doucement dans les airs jusqu’à ce qu’elle arrive au niveau de notre tête. Quand on soulève la voile on ne la voit donc pas et tout l’enjeu consiste à la ressentir et à effectuer les corrections nécessaires avec les élévateurs. Une fois la voile est stable, il va falloir courir tout en gardant les bras en arrière pour ne pas créer de nouveau déséquilibre. Ces premiers « sauts de puce » sont à la fois exaltants et rassurants, car proches du sol. Les premiers petits vols en pente école sont des moments uniques. Au fur et à mesure de l’apprentissage, vous effectuez vos premiers virages en relevant doucement la commande opposée et en descendant progressivement la main du côté du virage.

Exercices. Toujours à même le sol, on va apprendre à déplacer le parapente volontairement au-dessus de soi. On découvre comment diriger l’aile d’avant en arrière (le tangage) et de droite à gauche (les roulis et lacets) pour contrôler sa direction. Ces exercices sont répétés lors des vols en autonomie qui viennent plus tard dans la semaine. Ils servent à contrecarrer, le cas échéant, des conditions météorologiques agitées.

Décollage et premiers vols en autonomie. Décoller est une expérience inoubliable. Vous courrez plus ou moins rapidement selon la pente et le vent, puis soudain, vous vous sentez arraché au sol. C’est le moment où la magie opère, et vous réalisez que ça y est, vous volez. Les moniteurs sont là pour guider et conseiller, à vos côtés. Les grands vols solitaires sont la consécration de la formation. S’envoler seul, avec sa radio a quelque chose de fou. C’est le moment où l’expression « avoir sa vie entre ses mains » prend tout son sens.

Heureusement, la semaine a été riche d’enseignements et vous avez acquis la confiance nécessaire pour naviguer dans les airs en toute sécurité. Le matériel de vol est spécialement adapté à l’apprentissage, ce qui renforce votre assurance.

Les Cours Théoriques :

En comparaison avec la découverte du vol en parapente, qui commence dès les premiers jours de la formation, la théorie est moins palpitante. Et pourtant, elle est tout aussi importante que la pratique.

Météo et aérologie. Vous apprenez à comprendre la météo et l’aérologie spécifiques au parapente. Cela vous permet de prendre des décisions éclairées sur vos vols.

Code de la route et sécurité. Vous découvrez également la réglementation aérienne et les mesures de sécurité essentielles, comme l’utilisation du parachute de secours et l’installation de la sellette.

Les techniques de pilotage. Vous apprenez à évaluer votre hauteur et à choisir les trajectoires appropriées entre le décollage et l’atterrissage. Vous explorez les différentes approches, telles que l’approche en S, en 8, en U ou en L. Vous acquérez des compétences qui vous permettent de voler en toute confiance.

Le matériel du parapente : Les clefs du ciel

La pratique aérienne requiert un pack d’équipements de base qui comprend la sellette, la voile, le sac de portage, le parachute de secours (optionnel) et le casque (optionnel). Selon mes moniteurs de Flying Puy de Dôme, la majorité des élèves achète ses équipements de parapente après un second stage en école, qui viendra ancrer les connaissances et confirmer l’intérêt pour la discipline.

La sellette : La sellette, est le siège qui vous maintient confortablement suspendu sous la voile. Elle est reliée à la voile par les suspentes. Elle comprend une assise pour le pilote, des sangles de sécurité, et souvent deux conteneurs. Un conteneur pour le parachute de secours et un pour un airbag qui permet de se poser sur les fesses en cas d’urgence. La nacelle permet au pilote de s’asseoir confortablement et de contrôler la voile.

La voile : Les homologations en parapente sont classées de A à D, correspondant à un niveau croissant de compétence. Les voiles A conviennent aux débutants, offrant stabilité et douceur de pilotage. Les voiles B sont destinées aux pilotes intermédiaires, alliant sécurité et performances. Les voiles C conviennent aux pilotes avancés, offrant de meilleures performances, mais nécessitant des compétences avancées. Les voiles D sont conçues pour les pilotes experts et les compétitions, offrant des performances élevées, mais étant plus exigeantes à piloter.

Le parachute de secours : Le parachute de secours en parapente est un équipement de sécurité conçu pour être utilisé en cas d’urgence. Contrairement à d’autres sports aériens, son port n’est pas obligatoire, mais il est fortement recommandé. Il existe plusieurs types de parachutes de secours, notamment les rondes et les carrés. Les parachutes de secours ronds sont plus simples et plus stables, tandis que les parachutes carrés ont une meilleure maniabilité et des taux de chute plus lents.

Le sac de portage : le sac de portage est un accessoire indispensable pour tout pilote de parapente. Il est conçu pour vous permettre de transporter facilement votre matériel de vol, y compris votre voile, votre sellette, votre parachute de secours et d’autres équipements.

Le casque : Le casque protège la tête en cas d’accident et réduit le bruit du vent lors de vos vols, ce qui peut s’avérer pratique si vous utilisez une radio. De plus, souvent équipé d’une visière, le casque intégral à l’avantage de réduire la fatigue et la déshydratation dû au vent relatif.

On trouve des packs complets d’occasion dès 1200 euros. Au regard d’autres sports de sensation, par exemple la moto, le parapente offre un excellent rapport qualité-prix, ce qui en fait une option attrayante pour les amateurs de plein air en quête d’aventure.

Pour aller plus loin : explorer de nouveaux horizons

Une fois les bases du parapente acquises en stage d’initiation, il est possible de se spécialiser dans une des branches du parapente.

Les Différentes Pratiques du Parapente :

Le parapente ne se limite pas à une seule et unique pratique. Au contraire, il offre une variété d’options pour satisfaire tous les goûts.

Le vol en cross. L’une des pratiques les plus courantes est le vol en cross. Il consiste à parcourir de longues distances en utilisant les courants ascendants pour rester en l’air le plus longtemps possible. Le parapente devient ainsi un moyen de transport aérien qui vous permet d’explorer de vastes régions et de découvrir des paysages à couper le souffle.

Le soaring en est une autre. La pratique consiste à voler près des pentes escarpées et à utiliser les courants ascendants créés par le vent qui se heurte à ces obstacles naturels. Le soaring offre une sensation unique de liberté et d’harmonie avec la nature.

La voltige. Si vous êtes un amateur d’adrénaline, la voltige ou l’acrobatie en parapente pourrait bien vous tenter. Cette discipline implique des manœuvres aériennes audacieuses, des vrilles, des tonneaux et des figures acrobatiques qui défient la gravité. C’est un véritable spectacle dans les cieux, réservé aux pilotes expérimentés.

Les Sports Connexes :

Le parapente peut aussi être une porte d’entrée vers d’autres pratiques aériennes.

Speedriding. Si vous avez soif de sensations fortes, le speedriding pourrait être votre prochaine étape. Cette discipline mélange le ski et le parapente, vous permettant de dévaler les pentes enneigées avec une voile. C’est une expérience à couper le souffle, à la croisée des sports d’hiver et des sports aériens.

Kitesurf. Le kitesurf est un sport de glisse nautique qui combine la traction d’une aile avec une planche de surf. Les pratiquants utilisent la puissance du vent pour glisser sur l’eau, effectuer des sauts spectaculaires et des manœuvres acrobatiques. C’est une discipline qui demande de la coordination, de l’équilibre et qui offre des sensations fortes sur les vagues ou l’eau plate.

Deltaplane. Si vous recherchez une autre discipline de liberté dans les airs, le deltaplane est une autre option. Il s’agit de voler, couché sous une aile rigide en forme de V, pour une sensation de vol plané unique. Le sport nécessite une rampe de lancement ou un treuil pour décoller ce qui est encombrant à transporter, mais promet un vol plus rapide et dynamique que le parapente.

Pousser le plaisir, devenir moniteur de parapente :

Pour les plus forts de la discipline, qui aspirent à enseigner et à partager leur passion, devenir moniteur de parapente est une option viable qui comporte plusieurs avantages. La flexibilité d’un travail saisonnier et en plein air, le partage et de l’appartenance à une communauté de passionnés et encore la stabilité financière parce que c’est un métier-passion qui est décemment payé.

En fin de compte, le parapente ouvre la porte à un monde riche de possibilités. Que vous souhaitiez explorer les horizons lointains en cross, ressentir l’adrénaline de l’acrobatie en parapente ou vous aventurer dans des sports connexes, sky is the limit !

Conclusion

Le parapente est une aventure de chaque sortie, dont le stage d’initiation n’est une porte d’entrée à la discipline. Il permet de comprendre les rouages du sport pour mieux dépasser ses appréhensions et il offre des moments forts dans les airs. Pour ma part, il m’a aussi offert une nouvelle perspective sur ma région et des souvenirs inoubliables avec mon frère.

Si cet article vous a plus et que vous êtes curieux, tentez l’aventure vous ne serez pas déçu. Le ciel est à portée de main !