IMMERSION AU CAB

En consultant mon tout nouveau téléphone pro, je réalise que ma réunion débute en vérité à 9h pétante et non à 30 comme je l’ai d’abord cru.

Je presse le pas dans la rue Montorgueil, mon sac à main sur une épaule, mon offrande à la communauté sur l’autre, maudissant cette tradition puérile du croissantage que chérit tant mon nouvel employeur.

Les vélos électriques pressés occupent sans pitié la chaussée, me contraignant à piétiner derrière ce couple las et alanguis.

En passant l’entrée, je croise les doigts pour qu’il soit là, attendant avec dévotion : l’ascenseur du 20 rue Bachaumont.

Certes me direz-vous, les 48 secondes que prennent sa porte pour se refermer peuvent vous sembler longues, mais sachez-le, c’est une broutille en comparaison avec l’ascension qui attend ceux qui ratent le coche.

Les 4 étages qui mènent au cab doivent faire partie de la préparation aux fonctions de consultant :

Une fois devant la porte, merveille de technologie moderne, l’application Yuki prend le relais et ouvre pour vous l’accès direct à un concentré d’expertise hors norme.

Le cab renferme des maîtres de la discipline, de féroces et savants accompagnateurs du changement. Mais chers Nouveaux, sachez-le !
 

Le cab est plein de mystères et d’ambivalences.

Ces profils aguerris qui savent retourner une organisation en 3 temps 3 mouvements, porter et défendre les idées lumineuses, ne se formaliseront pas de travailler dans un obscur open-space.

C’est que, comprenez, entre consultants, on ne sait qui coacher pour opérer le changement des ampoules !

Je dépose mon sachet de croissants sur la table et regarde pensivement la machine à café.

C’a été posté hier dans l’un des 37 canaux Teams de la société : elle va être remplacée par une machine à grains.

D’abord parce que c’est plus éco-responsable et puis parce que le gout du café est meilleur.

Je songe que mon collègue Thomas sera un indéniable asset à l’instance Commerce de cette société.

Sur mon chemin, je passe devant la salle Yell et me demande : mais qui diable utilise cette salle ? Et pour quoi ?

Malgré moi, je tisse un lien déroutant entre ce boudoir exigu et la devise entendue cette semaine : « Chez Talisker, on est tous cochons ! ». Mon esprit vagabonde d’une idée à l’autre quand je repense à ma préoccupation initiale : ma réunion !!

La journée s’annonce longue.