C’est grâce au roller que m’est venue l’idée de ce blog.
Depuis que je fais du roller, je vois la ville différemment. Souvent quand je marche dans la rue, je regarde le sol pour inspecter son revêtement. Je me demande s’il doit être sympa ou non à rouler, si le bitume n’est pas trop mauvais.
Un soir alors que je rentre des courses, mes sacs à la main, je m’applique ainsi, les yeux rivés au sol, quand soudain, mes yeux buttent sur elle : ma motivation.
Amusée, je m’approche et observe l’apparition de plus près. Incorporée dans le décors, la réalisation est discrète, simple et adorable.

J’imagine l’auteur taquin derrière l’oeuvre et l’image me ravit. Je me dis qu’il y a vraiment de drôles de gens. De belles attentions faciles et gratuites, qui pourtant font de l’effet et éclairent un visage. Je me demande qui, au 21ème siècle, prend le temps de faire sourire.
Ça me rappelle différentes formes de street-art que j’ai croisées ces dernières années : le yarn bombing sur les arbres de Clermont, la calligraphie urbaine en Chine, le pixel tag à Newcastle, les détournements de panneaux à Florence, les pansements de trottoir à Lyon et plein d’autres qui m’échappent sur le moment.
Leur point commun à tous, c’est l’effet qu’ils m’ont fait.
C’est cette énergie bienveillante, cet art gratuit réconfortant qui me donnent envie d’écrire. Je me demande en passant si c’était l’intention première des artistes, faire sourire.
Au départ, j’imagine un blog sur le street-art : « Désormais je raconterai cet art inopiné, qui sans scrupule ni retenue incruste nos allées-venues ». Puis je me dis qu’il en existe déjà pleins et que c’est trop limitant comme ligne éditoriale.
Je réfléchis aux alternatives, ne trouve rien qui aille, donne le temps au temps. Et comme le temps passe sans que rien ne se passe, je me dis qu’on verra plus tard.
J’écrirai, c’est déjà ça.
